Seedorf, ou la reconnaissance oubliée

Clarence Seedorf

Clarence Seedorf voit le jour en 1977, dans le lointain pays du Surinam, petit pays d’Amérique du Sud frontalier avec la Guyane Française. Comme toute l’Amérique Latine, cette nation vit au rythme du football. Ce pays est également très lié avec les Pays-Bas ; le néerlandais en est d’ailleurs la langue officielle. Du coup, il n’est pas totalement étonnant de découvrir que le Surinam est un véritable réservoir à talents pour la Hollande. Frank Rijkaard, Ruud Gullit, ou plus récemment Patrick Kluivert, Edgar Davids, Mario Melchiot, Jimmy Floyd Hasselbaink et bien sûr Clarence Seedorf en sont originaires.

  • Des débuts remarqués

« La Panthère » (son surnom) fait partie de ces joueurs qui commencèrent précocément leur carrière de footballeur. En effet, il débute à 16 ans dans le Championnat Professionnel Néerlandais, et s’affirme rapidement comme un pilier de son club formateur, l’Ajax Amsterdam. Sa première sélection pour les « Oranje » se fait alors qu’il n’a que 18 ans. A 19 ans, Clarence Seedorf est déjà un footballeur très côté. Cela restera une date gravée à jamais dans sa mémoire puisqu’il y remporte la fameuse « Coupe Aux Grandes Oreilles » , sa première, qui plus est avec son club formateur. Nous sommes en 1995, et un premier tournant intervient.

Clarence signe en effet pour son second club, la Sampdoria de Gênes avec qui il accomplit une saison pleine (32 matchs, 3 buts). Cependant, un joueur de ce calibre ne pouvait se résoudre à continuer une carrière pleine d’espoir sans participer régulièrement aux joutes européennes, compétitions trop éloignées des ambitions de la Samp.

  • La confirmation, puis le doute

Ainsi, en 1996, il rejoint le grand Real Madrid, entrainé alors par le stratège Italien Fabio Capello. Il participa à 3 saisons et demie pour le club Merengue, jouant chaque fois plus de 36 matchs et y remporte, une nouvelle fois, la Champion’s League. Son passage dans le club Madrilène laissera une sacrée trace aux Socios espagnols, puisqu’il y marqua un but devenu mythique : à peine Clarence avait-il dépassé la ligne médiane, qu’il tente une frappe tendue, rectiligne et surpuissante des 40 mètres, qui vient se loger en pleine lucarne, sous l’oeil médusé du gardien adverse. Durant ces années dans la Liga espagnole, il ajouta également à son palmarès la Coupe Intercontinentale, avant de rejoindre au mercato hivernal 1999 l’Internazionale Milano. Malheureusement, malgré une participation accrue aux matchs européens, l’entraîneur en place Marco Tardelli ne lui accorde pas une véritable confiance et Seedorf ne participa qu’à une moyenne de 20 matchs du Calcio en 2 ans et demi.

  • Milan A.C à la relance

Au sortir d’une saison mi-figue mi-raisin, Clarence Seedorf reçoit une offre de l’autre grand club de Milan : l’A.C. Une opportunité que la Panthère ne laisse pas passer. Il signe pour les Rossoneri. Nous sommes en 2003, et la vivacité du natif du Surinam ravit chaque journée les supporters Milanais. Enfin, Seedorf se sent bien et trouve dans ce club une seconde maison qui lui fait entièrement confiance. Il ne tarde pas à montrer aux observateurs sceptiques qu’il est décidément un joueur qui marquera les esprits : il entre définitivement dans la légende lors de sa première année à l’A.C Milan, en 2003. Il y gagne sa 3ème Ligue des Champions avec 3 clubs différents. Performance inégalée. A ce jour, personne n’a encore établi un tel record. Replacé en milieu excentré capable de mener et créer le jeu, le néo-rossonero accomplit en 2005 un autre parcours européen flamboyant. Malheureusement, son équipe se heurte à la formidable opiniatrêté et ténacité des joueurs de Liverpool. Mais, un célèbre proverbe dixit, « la vengeance est un plat qui se mange froid ». Ainsi, 2 ans plus tard, Seedorf participe à sa 5ème Finale de Ligue des Champions. Ayant déjà éclairé la demi-finale face à Manchester United avec au match retour un but et une passe décisive, Clarence Seedorf récidive en Finale toujours contre le Liverpool FC, formant avec Kakà l’un des plus beaux duos offensifs d’Europe. A la clé, une quatrième Champion’s League s’ajoute au palmarès du Néerlandais. « Je suis tellement fier de faire partie de cette équipe. Nous avons travaillé dur cette année. C’était une saison difficile (…) Ce n’était pas notre meilleur match, nous étions concentrés et nous savions que nous ne pouvions nous permettre la moindre erreur. » Sauf qu’aucune erreur majeure n’intervint. Mais, comme à son habitude, la Panthère laissa la vedette à son coéquipier brésilien. Aujourd’hui, lorsque l’on entend Milan A.C, on pense immédiatement au génialissime milieu offensif brésilien. Et Seedorf, dans l’ombre, continue encore et toujours son ascension vers les sommets.

« Je veux finir ma carrière au Milan AC. Mon contrat est encore assez long et je ne me vois pas changer de club à 34 ou 35 ans. Ici, je trouve la motivation chaque année et il serait vraiment difficile de quitter un groupe comme celui-là », avouait-il récemment dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. « Mes meilleures années sont devant moi. J’ai 31 ans et je veux encore progresser, pour être au top lors du Mondial 2010 ».

La Coupe du Monde, justement. Un regret demeurera dans la carrière de la Panthère : cette Coupe du Monde 2006, pour laquelle le sélectionneur Marco Van Basten, privilégiant la jeunesse, refusa une place à Seedorf. L’ancienne star des Oranje, sans doute conscient de son erreur, l’a d’ailleurs rappelé pour participer aux éliminatoires de l’Euro 2008. Mais, contre tout attente, Seedorf refusa volontairement de participer à cette compétition, annonçant de fait sa retraite internationale.

Néanmoins, à 31 ans, Seedorf veut encore prouver qu’il a une place indiscutable au Panthéon du Football. Le collectionneur (en raison de ses 3 Champion’s League remportées avec 3 clubs différents), parfois critiqué pour son irrégularité, démontre aujourd’hui qu’il est au sommet de son art.

Le régulateur du jeu milanais, restera sans doute comme l’un des joueurs les plus complets de ces dernières années. En attendant d’être reconnu, enfin, à sa juste valeur.


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