Une plainte de AC! Anticorruption vise les dirigeants du football français. Accusations de blanchiment, abus de confiance et favoritisme.
Le 4 juillet 2025, l’association AC! Anticorruption a déposé une plainte d’une gravité importante. Cette action vise plusieurs personnalités influentes du football français, dont Vincent Labrune, président de la Ligue de Football Professionnel, et Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain. Les révélations ont été publiées par Ouest-France, avec l’appui des enquêtes menées par Romain Molina.
Le document transmis au Parquet national financier évoque une « escroquerie organisée » et un réseau d’intérêts privés liés au Qatar. L’accusation pointe du doigt une manipulation des droits télévisés, une concentration du pouvoir au sein de la LFP, ainsi qu’un usage opaque de fonds publics et privés.
Des dirigeants de clubs de Ligue 1 directement mis en cause
Outre Labrune et Al-Khelaïfi, plusieurs présidents de clubs sont cités dans cette plainte. Jean-Pierre Caillot (Stade de Reims), Laurent Nicollin (Montpellier HSC), Loïc Féry (FC Lorient), Waldemar Kita (FC Nantes), Jean-Pierre Rivère (OGC Nice), Bernard Caïazzo (ex-AS Saint-Étienne), et Olivier Sadran (ex-Toulouse FC) sont directement visés.
Le nom de Karl Olive, ancien député proche de l’exécutif, est également mentionné. La plainte dénonce une entente systémique entre dirigeants, au service d’intérêts économiques bien précis.
Une mécanique autour des droits TV au cœur des soupçons
Le cœur de l’affaire concerne la répartition des droits télévisés en Ligue 1 et Ligue 2. Selon AC!, ces droits auraient été volontairement orientés au profit de chaînes comme beIN Sports et d’initiatives commerciales associées à Visit Qatar. Le tout au détriment des clubs les moins exposés médiatiquement.
Une structure revient fréquemment dans la plainte : Pitch International LLP. Cette société britannique, présentée comme l’intermédiaire imposé pour gérer les partenariats qataris, est dirigée par Paul McGrath, proche de Nasser Al-Khelaïfi. Les liens entre Pitch, Visit Qatar, et le PSG sont jugés troubles.
L’achat du siège de la LFP pour 127 millions d’euros est l’un des exemples concrets évoqués. Ce montant est jugé anormalement élevé par l’association. La rémunération de Vincent Labrune est également remise en cause. Celui-ci aurait dissimulé une augmentation de salaire significative, avec des primes opaques non votées en assemblée.