Les problèmes de riches d’Abramovitch

Ce sont nos confrères d’outre-Manche du Sunday Times qui l’ont révélé ce dimanche ; le milliardaire russe, Roman Abramovitch, aurait tenté de vendre Chelsea à des investisseurs saoudiens, représentants de la famille royale du pays. Le journal parle notamment de «sources dans le Golfe». Cette rumeur témoigne, si besoin était, de la crise interne qui semble secouer le club depuis quelques mois. Cependant, les Blues restent 3èmes, à deux petits points du leader Mancunien. C’est pourquoi la question mérite réflexion : Chelsea, crise réelle ou paradoxe ? Analyse.

  • Une politique de recrutement réinventée

La crise financière mondiale n’a pas été sans conséquence du côté de Londres. En effet, Roman Abramovitch, baron russe du pétrole, aurait perdu près de 3 milliards d’ Euros sur sa fortune, estimée initialement à 11 milliards d’ Euros. Cela dit, si ces sommes astronomiques perdues paraîtraient dérisoires à tout un chacun, il en reste que pour un tel business-man, ceci a pu contrarier bien des projets en réflexion. Ainsi, une fois n’est pas coutume, Abramovitch est resté sage niveau transferts au dernier mercato, se limitant aux arrivées conjuguées de Deco et Anelka. D’autre part, le pilier du club Makélélé associé au ballon d’Or 2004 Andriy Shevchenko ainsi que son salaire conséquent ont quitté le navire londonien. La qualité, mais pas la quantité ; voilà ce qui semble être dorénavant le créneau choisi par Chelsea concernant la politique de recrutement future. D’ailleurs, ceci a été confirmé par l’entraîneur L.F Scolari lui même, qui a annoncé la semaine dernière « ne pas avoir besoin de plus de joueurs. Je ne pense pas qu’il y aura des arrivées et je ne le souhaite pas de toute façon. C’est mon équipe et je souhaite l’améliorer telle quelle ». Sans doute peut-on voir dans ses dires l’intervention du richissime propriétaire russe, qui ne voit plus son « jouet » du même oeil à présent ; cela va sans dire. Mais, concrètement, si les tabloÏds anglais, friands de polémiques, parlent déjà de crises internes et sportives, Chelsea n’est-il pas toujours un concurrent plus que sérieux au titre ?

  • Chelsea demeure dans la course

La victoire arrachée hier contre Stoke City, maigre 17ème, peut paraître comme un témoin de la méforme des Blues aujourd’hui. Néanmoins, ce genre de succès n’est-il pas fondateur d’une solidarité renaissante dans n’importe qu’elle équipe, fut-ce t’elle construit à l’aide de pétro-dollars?  Car aujourd’hui, indéniablement, du côté de Chelsea, le talent est là ; on dit souvent que la force d’une équipe se mesure à son banc. Jetons un oeil à celui du club coaché par « Felipaô » : face à Manchester United, Belletti, Paula Ferreira, Nicolas Anelka, Salomon Kalou et Cudicini se tenaient prêt à entrer en jeu. Ajoutez à cela Essien, blessé depuis le début de la saison et rétabli dans environ 1 mois, et vous obtenez sans nul doute l’une des top-team du gratin européen. De plus, le classement est lui aussi porteur d’ambitions : Chelsea, 3ème en embuscade derrière Liverpool et MU, dispose peut-être de la meilleure place à ce moment du calendrier, où la pression du titre commence à se faire sentir chez les leaders. Alors oui, au jour d’aujourd’hui, les bookmakers anglais ne doivent pas manquer de parieurs quant à un possible trophée en fin de saison du côté des Blues.

  • Les incertitudes de Roman

Dès lors, quelles sont aujourd’hui les motivations d’Abramovitch quant à la vente supposée de son club ? Chelsea, considéré par beaucoup comme le « jouet » du magnat russe,  aurait-il égaré son plaisir du côté de Stamford Bridge ? Cela reste hypothétiquement plausible. Néanmoins, à ce niveau-là, il semblerait bien que dans la tête du milliardaire, la question est davantage financière que sportive, malgré le fait que les deux notions soient étroitement liées. En effet, le Sunday Times rapporte qu’ Abramovitch avait racheté le club en 2003 pour la modique somme de 66,5 millions d’euros, mais qu’il vaudrait aujourd’hui « au moins 890 millions de livres ». Pour le russe, que la crise a assez sévèrement affaibli, vendre le club à ce moment-là pourrait lui permettre d’optimiser au maximum la plus-value résiduelle. Les émissaires du Golfe Persique, grands investisseurs, ont pour l’instant réfusé les propositions des représentants d’Abramovitch. Mais cette approche faite par le magnat russe ne devrait pas laisser insensible d’autres hommes d’affaires, principalement du côté de l’Arabie Saoudite, où la famille royale apprécie depuis toujours la Premier League.


Cette news Chelsea t'a plu ? Abonne-toi à notre newsletter
A propos de l'auteur

2 commentaires sur “Les problèmes de riches d’Abramovitch

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+18Pariez de manière responsable