Un bien triste football français

C’est un fait indéniable : depuis plusieurs décennies, le championnat français est le moins côté des grands championnats européens. Sur les quarante dernières années, le seul club français à avoir été sacré sur la scène européenne est l’Olympique de Marseille. C’était lors de l’édition 1993 de la Ligue des Champions. Et encore, le club phocéen s’est vu retiré son titre de champion de France la même année, pour une affaire de match truqué.

A titre de comparaison, rien qu’en Champion’s League sur les vingt dernières années, les clubs allemands ont remporté le titre à trois reprises, les clubs anglais à quatre, les clubs italiens une fois de plus, et les clubs espagnols ont engrangé six titres. Ainsi, les clubs français n’ont su faire mieux que leurs homologues hollandais et portugais. On est donc en droit de s’interroger quant à la qualité des clubs français.

Deux sur six, au mieux

Au commencement de la saison 2013-2014, six clubs français étaient présents dans les différentes coupes d’Europe. Paris et Marseille en Ligue des Champions et Lyon, Bordeaux, Nice et Saint-Etienne en Europa League. Les Verts ont été éliminés au tour préliminaire, face au FB Esbjerg. La double-confrontation opposait le cinquième de Ligue 1 au quatrième du championnat danois… Les Aiglons ont été arrêtés au même stade de la compétition, par le champion chypriote.

Dans un groupe composé de l’APOEL Nicosie, du Maccabi Tel Aviv, et Carassode l’Eintracht Francfort, Bordeaux occupe actuellement la dernière place de son groupe. A deux journées de la fin, il leur est désormais quasiment impossible de jouer les 16e de finale. Pour un club qui disait jouer la C1 il y a quelques années de cela, il s’agit bel et bien d’un résultat affligeant.

Mais la palme revient tout de même à l’Olympique de Marseille. Alors certes, leurs contre-performances sur la scène européenne peut être largement nuancée, de par la qualité des équipes qui composaient leur groupe. A savoir Arsenal, Naples et Dortmund. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : 5 matches, 5 défaites, 0 point. Au-delà des résultats sportifs, ou plutôt des non-résultats, c’est surtout le manque d’ambition et l’attitude sur le terrain qui sont très gênantes. A aucun moment dans la compétition, on a senti le club phocéen croire en ses chances.

Paris, le cache-misère de la Ligue 1

L’Olympique Lyonnais lui, semble bien parti pour se qualifier. Le club rhodanien Lacazetteoccupe la seconde place du groupe I, en Europa League, et pourrait donc bien atteindre les 16e de finale. Mais pour qu’y faire? Car quand il faudra se frotter aux clubs tels que Valence, le PSV, la Fiorentina, la Lazio, Tottenham, mais surtout tous les 3e de Champion’s League, il s’agira d’une toute autre paire de manches. Honnêtement, l’OL n’est pas armé pour aller au bout de la compétition. Au moins lui a-t-il le mérite de la jouer, et donc de ne pas faire encore plus mal au coefficient UEFA des clubs français.

Le PSG est le seul club français qui brille sur la scène européenne. Les parisiens occupent la première place de leur groupe, avec quatre victoires et un nul. Mais surtout avec quinze buts marqués et trois encaissés en cinq matches. Et avec sa pléiade de stars, le club de la capitale semble bien armé pour aller jusqu’au bout de la compétition.

Malheureusement il ne s’agit là que de l’exception qui confirme la règle, ne faisant que masquer la pauvreté du football français vis-à-vis de ses voisins. Alors imaginez une seule seconde qu’un jour, un qatari n’ait pas soudain eu la lubie de racheter le Paris-Saint-Germain. Quelle aurait été la place du foot français? La réponse est bien simple, il serait tout en bas de l’échelle, la risée du football européen.

Et pour la suite?

Une autre question se pose. Quel avenir pour notre foot? Dans un premier Mammadovtemps, on peut imaginer que l’AS Monaco sera présent en C1, pour représenter la France aux côtés de Paris. Puis peut-être, dans un second temps, le RC Lens. Car lui aussi a été racheté par un investisseur ambitieux, à la fortune semblant illimitée. Alors nous aurions trois beaux représentants pour jouer l’Europe.

Mais il s’agirait là de trois clubs français, rachetés par des investisseurs étrangers. Alors qu’aurions-nous construit? Quelle fierté pourrions-nous en tirer? Car au contraire des clubs allemands, nous n’aurions su créer un système économique viable sur le long terme. Méthode qui porte ses fruits, il suffit de regarder les résultats de Dortmund et du Bayern. Alors n’existe-t-il pas plus largement un problème plus profond dans le foot français, émanant d’une vision à trop court terme des présidents de clubs, et du manque d’investissement des instances du footballs français?


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