MARSEILLE EN QUÊTE DU MIRACLE

Dimanche 17 Mai, aux alentours de 23h. Le week-end ensoleillé vécu par les supporters Provençaux s’achève sur note bien grisâtre. Des cumulus issus de la région Lyonnaise sont venus ternir le ciel Olympien, eux qui avaient, à l’aube de cette antépénultième journée, leur destin en main. La passation de pouvoirs tant évoquée avant la rencontre n’a donc pas eu lieu, et le septuple champion de France a confirmé qu’il avait de beaux « restes ». Défait 1-3 sur son terrain, l’OM a pu mesurer le chemin qu’il avait encore à parcourir en terme de réalisme pour espérer autre chose que des accessits d’honneur en fin de saison. Pourtant, les Phocéens sont apparus relativement supérieurs aux champions sortants, notamment en terme de production de jeu. Paradoxe complexe que nous allons tenter ici d’éclaircir.

  • Marseille jouait sous pression

Pour la première fois depuis que le sprint final s’est réduit à un mano à mano entre Girondins et Marseillais, ces derniers évoluaient en connaissant le score de leur rival direct. Vainqueur, une fois de plus, à l’arraché face au Mans, les Bordelais disposaient donc d’un matelas de 3 points d’avance sur leurs adversaires ciel et blanc. Un retard que, tout le monde le sait, Marseille n’est pas parvenu à combler. Pire, en encaissant un troisième but, œuvre du maître artilleur Juninho, les voilà dépassés également au niveau du goal-average. Résultat des courses ? Marseille n’a pas su contenir la pression et la responsabilité qui pesait sur ses épaules. En d’autres termes, l’OM n’a pas agi, ici, en leader qu’il était. Pourtant, d’aucuns vantaient depuis quelques semaines les prestations solides des Marseillais, et leurs victoires convaincantes qui contrastaient avec les difficultés rencontrées par les Girondins pour décrocher les 3 points (face à Rennes, Valenciennes, ou récemment face au Mans). Toujours est-il qu’au final, ces derniers repartaient avec le maximum de points dans la besace quand, dans le même temps, Marseille voyait la machine s’enrayer à Toulouse (2-2) ou évidemment contre Lyon. Si, mathématiquement, le titre s’est peut-être joué ce week-end, phrase à mettre, naturellement, au conditionnel, les Bordelais ont certainement pris un ascendant psychologique bien avant cette antépénultième journée.

  • Le mental du champion

Qualitativement, comme quantitativement, les effectifs Bordelais et Marseillais se valent. Mais, c’est bien connu, un titre, d’autant plus en championnat, ne se joue pas seulement avec les pieds. Beaucoup de spécialistes considèrent le mental comme jouant pour près de 50% des performances finales. A un tel niveau, il est clair et net que cela se vérifie. Les Girondins de Bordeaux, moins exposés médiatiquement ( la seule incertitude étant le futur de Y.Gourcuff), assez serein quant à leur avenir, évolue dans une certaine bulle qui, du côté de Marseille, a depuis quelques semaines, éclaté. Le départ d’un coach adoré sur la Cannebière (E.Gerets), l’arrivée prochaine d’un nouvel entraineur (D.Deschamps), couplée aux envies de départ de certains cadres (M.Niang, L.Cana, T.Taiwo…) a, quoi qu’en dise, freiné l’ascension Olympienne. L’OM ne baignait donc pas donc dans une atmosphère réellement propice. Toujours est-il qu’un vrai champion se démarque lorsqu’il est dos au mur, lorsque plus personne n’attend rien de lui. A ce jeu-là, force est de constater que les Bordelais, en imprimant un rythme d’enfer, ont contraint les Marseillais à (re)voir leurs vérités en face.

  • Un objectif hors d’atteinte ?

Le classement général est assez significatif : l’Olympique de Marseille compte, à deux journées de la fin, 3 points de moins et un but de retard sur le leader Girondin. Autant dire que tout autre résultat qu’une victoire la semaine prochaine condamnerait, en fonction du résultat des Bordelais, les chances olympiennes. Néanmoins, les hommes au scapulaire, qui restent sur une série incroyable de 10 victoires consécutives, auront-ils les ressources nécessaires pour poursuivre ce record ? Rien n’en est moins sûr. D’ici une semaine, le classement de Ligue 1 peut encore très bien réserver son lot de rebondissements, comme il a su si bien le faire, en haut comme en bas de tableau, et ce depuis le début de la saison. Le constat mathématique est d’ailleurs simple : une défaite girondine, couplée à une victoire marseillaise, même sur la plus petite des marges, suffirait à voir les Marseillais maîtres, à nouveau, de leur destin. Meilleure équipe et défense à l’extérieur (12 buts encaissés seulement), les Phocéens devraient être capable de ramener les 3 points de leur prochain déplacement en Lorraine, à Marcel-Picot. Cependant, les joueurs de Laurent Blanc rencontrent eux aussi un adversaire largement à leur portée, puisqu’il s’agit de l’AS Monaco, qui n’a plus rien à espérer en cette fin de saison. Selon toute vraisemblance, le titre se jouera donc lors de l’ultime journée, qui verra l’OM recevoir le Stade Rennais, et Bordeaux se déplacer du côté de D’Ornano. Et à en croire Steve Savidan, qui « veut permettre à l’OM d’être champion », les Normands ne lâcheront pas le morceau, eux qui sont loin d’avoir assurer leur place parmi l’élite (16ème à un petit point de la zone rouge). Ainsi, si la prochaine journée s’avère essentielle pour l’attribution du Graal, tout laisse penser que les acteurs phocéens et girondins se disputeront le trophée suprême lors de la dernière journée. Preuve que, malgré ses carences, la Ligue 1 conserve un suspense que peu de championnats européens peuvent se vanter de connaître.


Cette news Olympique de Marseille / OM t'a plu ? Abonne-toi à notre newsletter
A propos de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+18Pariez de manière responsable