Ligue 1 : LA COURSE NE FAIT QUE COMMENCER

La 24ème journée de Ligue 1 aura été, à tout point de vue, riches en enseignements, concernant le sprint final dans la course au titre. En effet, si chaque année l’Olympique Lyonnais semble devenir de plus en plus humain, les poursuivants directs demeurent, malgré tout, incapables de remettre en cause l’hégémonie du septuple champion de France. A 14 journées du terme du Championnat, découvrez un diaporama et un décryptage en détail, de la 7ème à la 1ère place, de ceux qui seront, selon toute vraisemblance, les principaux acteurs de l’ultime sprint au titre suprême.

  • Lille, l’éternel outsider

Le LOSC, qui restait sur une bonne dynamique en championnat (victoire contre Rennes et nul à Bordeaux), s’est vu sèchement stoppé samedi par l’AJ Auxerre, sur le score net de 2 à 0. Néanmoins, cette victoire ne doit pas occulter l’excellent parcours que mènent, jusqu’à lors, les hommes de Rudi Garcia. En effet, capables de rivaliser avec les cadors du championnat, Lille sait également faire preuve de ressources morales insoupçonnées, à l’image du retour magistral contre le FC Sochaux où, mené 2-0 à la pause, les nordistes ont su renverser la vapeur pour finalement l'emporter 3-2. Leur point fort: Incontestablement, leur milieu de terrain, très dense,  (Balmont, Cabaye, Mavuba, Bastos et Obraniak) complémentaire, et surtout très efficace, le poumon de l’équipe.   Leur point faible : Un banc trop peu étoffé. En effet, le LOSC dispose de très peu de solutions de rechanges, notamment en attaque, où Frau peine toujours à s’affirmer. De plus, avec 39 points au compteur et une 7ème place, les Dogues, à 10 points du leader, ont déjà grillé tous leurs jokers ; le rêve du titre ne sera atteint qu’en espérant une très longue série de succès associée à des faux pas de leurs adversaires directs.

  • Le défi Rennais

Une histoire de 18. Tout d’abord, Rennes était invaincu depuis 18 matchs en ligue 1. La série fut ensuite stoppée par Lille, un certain 18 janvier. Coup du sort ou clin d’oeil du destin, l’excellent Hansson, inscrivit un but contre son camp, scellant la victoire des Dogues, à… 18 minutes du terme de la rencontre. Evidemment, juger le club de Guy Lacombe sur une histoire de chiffre réleverait de l’insuffisance. Toujours est-il qu’en Bretagne, ce dimanche 18 janvier a sonné comme le retour sur terre des coéquipiers de Bruno Cheyrou. En effet, en moins d’un mois, les Rennais, qui visaient le podium, doivent maintenant se résoudre à conquérir une place en Coupe UEFA, en compagnie du LOSC, voire de l’OGC Nice. A moins, à l’instar des nordistes, d’accomplir un sprint final exceptionnel ou une série comme ils ont d’ailleurs prouvé, dans un passé très proche, qu’ils en étaient capables. Leur point fort: La paire Hansson – Mangane, et plus précisément les progrès de ce dernier, ex-milieu de terrain, qui s’affirme pleinement à ce nouveau poste. Avec 16 buts encaissés, Rennes demeurent, à l’heure qu’il est, la meilleure défense du championnat.  Leur point faible : Le manque d’expérience. Si certains joueurs (Pagis, Leroy, Cheyrou) sont habitués à ce type de « finales » qui attendent les Bretons, le bloc-équipe apparaît encore faible mentalement pour véritablement asseoir une domination sur le reste de ses concurrents.

  • Bordeaux : LE véritable favori ?

Les médias, la presse, mais aussi leurs adversaires directs, ont fait de Bordeaux le concurrent le plus sérieux pour chiper le titre aux Lyonnais. En pleine bourre, les Girondins se sont vu freinés, à l’issue d’un match niveau Ligue des Champions au Vélodrome, lors de la défaite 1-0 face à Marseille. Depuis, les hommes de Laurent Blanc éprouvent quelques difficultés à relever la tête, comme en témoigne le maigre point pris à Chaban-Delmas, contre les Grenoblois (1-1). Conséquences au classement : une modeste 5ème place, peu conforme aux ambitions initiales des dirigeants, à savoir une qualification directe en C1. Naturellement, rien n’est joué, puisque seuls deux petits points séparent les Bordelais des Parisiens, seconds. Mais les récentes prestations des Girondins n’inspirent guère à l’optimisme. Leur point fort : L’attaque, la meilleur de Ligue 1. Avec un Gourcuff ou un Wendel aux manettes, l’armada offensive (Cavenaghi, Chamakh, Bellion, Gouffran, Jussiê) des marines et blancs fait trembler plus d’une défense. 5ème à 6 points du leader, les Bordelais devront retrouver leur solidité et surtout leur réalisme s’ils ambitionnent toujours de décrocher le trophée convoité.  Leur point faible : La difficulté à sortir la tête de l’eau. Depuis Marseille, les Girondins semblent en effet piétiner ; un leader mental ne s’est peut-être toujours pas révélé suffisamment influent dans les rangs bordelais.

  • Le TéFéCé en embuscade

Sans nul doute, la surprise du chef. 3ème il y a deux ans, aux portes de la relégation l’an passé, Toulouse alterne décidément des saisons faites de paradoxes en tous genres. Récents vainqueurs des Lionceaux à Bonal (1-2), les hommes du surprenant Alain Casanova doivent néanmoins, pour beaucoup de leur réussite, à la révélation André-Pierre Gignac. Celui qui s’était (déjà) révélé sous le maillot Lorientais quelques années auparavant, éprouvait touts les peines du monde à évoluer autour d’Elmander l’an passé. L’idée de le vendre avait même traversé l’esprit des dirigeants toulousans au dernier mercato estival. Leur point fort: Cité ci-dessus, incontestablement, Gignac constitue le fer de lance de la formation toulousaine. Auteur de près de 60% des buts de son équipe cette saison, l’attaquant français apparaît indispensable au TFC si ces derniers veulent se mêler durablement à la lutte au sommet du championnat.  Leur point faible : Justement, la Gignac-dépendance. En l’asbence de celui-ci, le TFC éprouve toutes les difficultés du monde à s’imposer. Peut-on réellement envisager un avenir « rose » lorsqu’un joueur se révèle autant essentiel à une équipe?

  • Marseille, le poids de l’expérience

Décevants fin 2008, les Phocéens ont entamé la seconde partie du championnat avec des intentions bien plus prononcées. Seulement une défaite depuis l’entame janvier 2009 (face à Sochaux, 1-0) noircit le tableau très clair des Olympiens, vainqueurs logiques dimanche à Monaco, à l’issue d’un match assez terne. Les retours conjugués de Rodriguez et M’Bami, associés aux arrivées de Brandao et Wiltord, irréprochables dans leur mentalité, ont vraisemblablement insufflé un nouvel élan au groupe marseillais. L’OM s’affirme ainsi comme l’un des favoris légitimes au titre de champion de France, même si, pour y parvenir, Pape Diouf et Karim Ziani avancent tous deux la nécessité d’aligner une « série de victoires ». Leur point fort: Un collectif retrouvé, une équipe qui travaille en bloc et de façon plus soudée. Marseille version 2009, c’est donc avant tout 11 joueurs. De plus, les Marseillais, comme le soulignait le Président Diouf, sont habitués aux courses-poursuites dans les derniers mois du calendrier. Aujourd’hui 3ème à 5 points du leader lyonnais, les Olympiens devront donc faire preuve de régularité pour espérer décrocher un titre qui leur échappe depuis 1993.  Leur point faible : Le poids des cadres. Le mois de Décembre nous l’a montré : Marseille a eu beaucoup de mal à se remettre sur de bons rails après la blessure de Mamadou Niang. Qu’adviendra t-il si Ziani, Cheyrou ou encore Taiwo sont indisponibles ?

  • Paris SG justifie l’investissement

Lentement, mais surement, le club de la capitale s’est progressivement imposé parmi les favoris quant à la capacité à détrôner l’ogre Lyonnais. Malgré un climat interne très peu propice à un développement harmonieux, les parisiens ont su faire abstraction des bouleversements en coulisses (affaires Villeneuve puis Kezman) pour enfin lancer la machine. Une victoire dimanche face à Saint-Étienne, et voici les hommes de Paul Le Guen parfaitement calé derrière le leader, à l’affût du moindre faux pas. Car Paris en 2009, c’est tout simplement 4 victoires lors des 4 dernières rencontres de Ligue 1. 12 précieux points pris alors que les poursuivants directs, à l’instar de Bordeaux ou Rennes, marquent sensiblement le pas. Leur point fort: l’axe Sessegnon – Hoarau, couplé aux importants volumes de jeu déployés par des joueurs telles que Giuly, Makelele ou Luyindula, ont permis au jeu parisien, essentiellement basé en 2008 sur des contres, de se forger une identité et une tactique propres.  Leur point faible : Paris reste Paris, et le passé nous a suffisamment prouvé combien les bases de ce club, constamment en reconstruction, peuvent être fragiles. A tout moment, Paris peut retomber dans ses travers.

  • Le Lyon sur son trône

Et ce depuis la 5ème journée. Si pour beaucoup, le Lyon 2008-2009 n’est plus aussi souverain, il n’en demeure pas moins que sa place de leader tant convoité restent encore relativement peu disputée. 4 points d’avance et un goal-average nettement à leur avantage font qu’aujourd’hui, les Lyonnais disposent, plus ou moins, d’une marge de manoeuvre assez importante. Cependant, Lyon devra bientôt disputer une série de rencontres face à ces poursuivants directs, dont le fameux Marseille – Lyon lors de la 36ème journée qui pourrait être, qui sait ? décisif.  Leur point fort : un collectif et un entraîneur expérimenté, qui ont l’habitude des pressions que peuvent engendrer ce genre de situations.  Leur point faible : La double confrontation face au grand Barça ; une défaite pourrait provoquer une spirale de résultats négatifs, tandis qu’une victoire poussera Claude Puel à œuvrer sur 2 compétitions majeures, paramètre non négligeable compte tenu du nombre de blessés chez les Gones.

Ainsi, jusqu’à la 38ème journée, compte tenu du faible nombre de points (10) qui séparent les 7 premières équipes au classement général, toutes les hypothèses restent envisageables. Comme le démontrait Pape Diouf, cette année, le sprint final devrait s’enclencher « dès le mois de février ». Chaque équipes, de par ses spécifités propres, peut donc espérer attraper quelque chose d’ici Mai. Il n’en demeure pas moins que pour les amoureux de l’incertitude et du suspense, contrairement à bon nombre de championnat européens majeurs , la Ligue 1 2008-2009 tient toutes ses promesses.


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2 commentaires sur “Ligue 1 : LA COURSE NE FAIT QUE COMMENCER

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