France – Lituanie : Où vont les Bleus ?

Après le dernier match de l’équipe de France, j’avais mentionné qu’au niveau du jeu, la rencontre était gage d’espoir par rapport à ce qu’on avait pu voir auparavant. Au lendemain de la seconde victoire des Bleus sur le même score au Stade de France, on ne sait plus vraiment quoi penser de notre équipe nationale. A l’image de notre sélectionneur, l’équipe de France semble prendre plaisir à brouiller les pistes. Le seul problème quand on s’amuse à ce petit jeu là, c’est qu’on perd ses certitudes, si tant est que l’équipe de France ait à l’heure actuelle des certitudes dans son jeu.

Pour les supporters, cette rencontre est horripilante dans la mesure où elle laisse encore plus de questions en suspens que la précédente. Idéalement, on attendait une équipe de France aussi conquérante qu’à l’aller mais on l’espérait plus réaliste. Rien que ça aurait suffit pour que les Bleus remettent le public et l’opinion de leur coté. Au lieu de ça, on a vu une équipe de France passive, statique et qui peinait réellement à mettre de la vitesse dans son jeu et dans ses enchainements. De plus, Gourcuff et consorts se sont parfois entêtés dans l’axe où ils ont régalé pendant une heure le double rideau défensif lituanien avant qu’il baisse le pied physiquement. On avait pourtant vu au dernier match que passer judicieusement par les cotés ouvrait de nouvelles perspectives offensives. Mais l’équipe de France ne sait apparemment retenir les leçons de ses erreurs.

Hormis Ribéry, Mandanda, Squillaci, L.Diarra et Gallas, peu de Bleus ont pu tirer leur épingle du jeu sur l’ensemble des deux matchs. 5 joueurs sur 11 ont pu enchaîner les performances sur deux matchs face à un adversaire de faible niveau. C’est peu, trop peu pour une équipe dont on va attendre qu’elle soit performante au Mondial si elle s’y qualifie. Mandanda n’a absolument rien eu à faire, Evra a connu les mêmes difficultés hier soir que Sagna samedi dernier en semblant plus timoré. Alou Diarra a fait sentir que Toulalan manquait déjà beaucoup. Luyindula, après avoir été intéressant samedi s’est complètement gaufré hier en ratant à peu près tout ce qu’il a entrepris tout comme Gourcuff qui s’est lui aussi planté dans les grandes largeurs. On ne parle pas d’Henry, transparent sur les deux matchs, sevré de ballons une mi-temps hier (10 ballons à la mi-temps pour un avant centre dont l’équipe finit à 75% de possession de balle !!!) mais qui a quand même goinfré deux balles de but (67e & 76e). Paradoxalement, c’est au terme d’une belle action collective que l’équipe de France a scoré : après un numéro de soliste de Benzema coté droit à la moitié du terrain, ce dernier a transmis coté gauche à Henry qui renverse sur Gignac ; le toulousain remisant sur Ribéry pour le but. Net, propre, rapide et précis. La preuve que l’équipe de France peut jouer des coups avec talent et gérer un temps fort de la rencontre, car le but est arrivé au terme d’un gros quart de pressing intensif.

Malgré tout, on sent quand même l’équipe de France extrêmement tributaire de ses individualités ou d’un éventuel mouvement collectif et c’est ça le plus triste. On en revient à avoir peur contre n’importe quelle équipe car on ne sait pas dans quelle direction va l’équipe de France. On est pas sûr qu’elle défende bien, ni qu’elle sache attaquer. Il n’y a pas d’idées ni de projets de jeu, les joueurs sont inégaux dans leur rendement et ça, c’est du ressort direct du sélectionneur. En 2006, lorsque Van Basten part au mondial allemand avec une sélection des Pays Bas extrêmement jeune, l’équipe avait malgré tout une idée directrice, un esprit qui a posé les fondations de ses performances en 2008. Force est de constater que Raymond Domenech a échoué dans ce domaine pour le moment. En prenant systématiquement le choix du non choix, Raymond entraine tout un pays dans ces turpitudes. Hier, j’aurai apprécié l’idée de remplacer Toulalan par un deuxième attaquant dès le départ. Quand on voit ce que Benzema et Gignac ont fait à leur entrée, on aurait pu être optimiste sur le résultat et la manière. Mais raymond a choisi comme trop souvent du poste pour poste. A quoi bon mettre deux récupérateurs alors qu’on savait que l’équipe de France allait se positionner haut et monopoliser le ballon ? Alors que la France est mal en attaque, pourquoi faire entrer Benzema milieu droit pour mettre Luyindula dans l’axe (au détriment de Gourcuff ! Merci pour la création) alors qu’il fait un match calamiteux ? Même au niveau de l’état d’esprit, les français n’arrivent pas à se révolter car Raymond n’est pas arrivé leur insuffler cette envie de se sublimer même dans les rencontres anodines. Les joueurs croates iraient à la guerre avec leur sélectionneur Bilic (pourtant jeune) alors que les français ne jouent que dos au mur. Quand on y regarde bien, Domenech n’arrive pas à faire de choix, n’arrive pas à prendre des risques niveau coaching alors que c’est la base du métier d’entraineur.

En tant que patron des Bleus, il doit avoir des convictions tactiques, psychologiques et de leadership extrêmement fortes et solides afin de tirer la quintessence de son groupe. Aimé Jacquet, quand il met de coté Cantona en 1994 pour le remplacer par Djorkaeff et Zidane, se mouille à 200%. Jusqu’à la Coupe du Monde, Aimé Jacquet était seul avec ses convictions. Depuis sa prise de fonctions, Raymond Domenech ne sait pas où il va et à son image l’équipe de France tâtonne. La France du football en vient à espérer, tout comme moi, qu’il ait le déclic et puisse enfin montrer la direction car le talent est là et ne pas le faire fructifier serait un énorme gâchis.


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2 commentaires sur “France – Lituanie : Où vont les Bleus ?

  1. D’accord à 100%, je suis même choqué que des journaux puissent louer aujourd’hui le « coaching gagnant » de Domenech. De qui se moque-t’on ? Et ce gugus qui ose dire que « l’objectif est atteint ». Même en auto-gestion l’équipe n’aurait pas pu être moins inspirée. Qui plus est je suis toujours estomaqué de la double titularisation de Lu-yin-du-la alias le 5ème remplaçant. Ça me rappelle Govou qui entre dans le groupe en 2006 en dernier recours après la blessure de Cissé et qui joue tous les matchs de la coupe du monde. Soyons sérieux. Pourquoi ne pas avoir pris Valbuena ou Giuly (ah non merde, lui il s’est tapé Estelle) a droite face aux défenseurs statiques de la Lituanie ? Pourtant pas du genre à jeter la première pierre sur l’entraineur, c’est un rocher que je rêve d’envoyer entre les sourcils de notre sélectionneur. Ceci étant dit, allez les Bleus!

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