Crise au Sporting CP : que se passe-t-il ?

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Le Sporting CP a retrouvé ce mardi le chemin de l’entraînement après un début d’été des plus mouvementés. Départs en série, changement de direction, agression au centre d’entrainement du club, on fait le point sur cette crise qui a secoué le club portugais.

Difficile de savoir par où commencer dans cette histoire. Cette crise vécue par le Sporting trouve ses fondements durant la saison, un homme se retrouvant au centre dans cette histoire : le président du club lisboète, Bruno de Carvalho.

Véritable archétype du président-supporter, il se montre régulièrement dur envers ses joueurs, s’exprimant parfois envers eux via Whatsapp comme un supporter déçu, comme l’ont montré plus tard plusieurs messages divulgués par les joueurs.

Mais le paroxysme survient le 5 avril dernier, après une défaite du Sporting en quart de finale aller de l’Europa League face au futur vainqueur de l’épreuve, l’Altético Madrid. BdC comme il est surnommé s’en prend le soir de cette défaite à plusieurs joueurs à travers un post sur Facebook.

Une attaque frontale et publique qui pousse les joueurs à se montrer solidaires, la plupart publiant le même message sur chacun de leurs réseaux sociaux, où la menace de ne pas jouer le prochain match de championnat (face à Paços de Ferreira) plane :

On affirme via ce communiqué, notre désaccord avec les déclarations de notre président après le match d’hier, dans lequel on a obtenu un résultat que nous ne voulions pas, et nous regrettons son absence de soutien dans ce moment où il devrait être notre leader, après avoir pointé du doigt publiquement des joueurs. Tous les problèmes se résolvent en interne.

Réaction directe du président du Sporting qui décide de suspendre tous les joueurs qui ont posté ce message… avant de se raviser. La crise s’éloigne temporairement avant de revenir de plein fouet.

Une non-qualification en Ligue des Champions qui coûte cher

Avant la dernière journée de championnat mi-mai, les Lions sont idéalement placés pour participer à la prochaine Ligue des Champions, après avoir résisté à leur rival de toujours, Benfica, lors du match précédent (0-0). Seule condition, faire aussi bien que ce dernier face au Maritimo Funchal pour assurer la deuxième place.

Mais rien ne se passe comme prévu, le Sporting allant jusqu’à s’incliner dans les dernières minutes (1-2). Une non-qualification pour la C1 qui ravive rapidement les tensions. Dès le lendemain, l’équipe technique est proche d’être virée.

Un premier tremblement avant le pire. Le mardi, un groupe d’une quarantaine de personnes, pour la plupart faisant partie des supporters du club, envahissent Alcochete, le centre d’entraînement du Sporting.

Fumigène, gazage des vestiaires, coups de barres de fer… Les joueurs sont pris à parti et les installations dégradées. Un incident gravissime qui pousse plusieurs joueurs à casser leur contrat, ces derniers invoquant une faute grave et refusant alors de disputer la finale de Coupe de Portugal le dimanche qui suit, perdue face au Desportivo das Aves (1-2).

Les joueurs feront finalement l’effort, même si les déclarations de Bruno de Carvalho n’arrangent rien, ce dernier minimisant la portée de l’incident et rejetant la faute grave invoquée. Le coup de trop au sein du club.

Résiliations en pagaille

Si le travail de BdC est salué depuis son arrivée à la tête du club portugais en 2013, son attitude habituelle envers les médias et l’extérieur finit par agacer parmi les siens. Les résiliations de contrat s’enchaînent suite à l’incident d’Alcochete.

Rui Patricio est le premier à franchir le pas en envoyant une lettre de 34 pages afin d’expliquer sa décision. Dedans, on retrouve les fameuses captures d’écran des conversations Whatsapp entre les joueurs et le président, ainsi qu’un compte rendu détaillé de ce qu’il s’est produit lors de l’agression, avec notamment les mots lourds hurlés par les agresseurs lors de l’intrusion :

Vous êtes des fils de p…, fils de p… ! Vous êtes des merdes, nous allons vous tuer ! Vous êtes foutus !

L'emblématique gardien sportinguista est suivi par Daniel Podence, Gelson Martins, William Carvalho, Rodrigo Battaglia, Bruno Fernandes, Bas Dost, Ruben Ribeiro et Rafael Leão. L’entraîneur s’en va également.

Après avoir dirigé la finale de Coupe du Portugal, il s’envole pour AlHilal en Arabie Saoudite. Face à ces nombreux départs, les actionnaires demandent le départ de Bruno de Carvalho dès que possible.

BdC s’accroche… avant de tomber

Commence alors un grand affrontement en interne entre le président du Sporting et plusieurs membres du bureau directeur. La lutte interne dure pendant près d’un mois, le président de l’assemblée général du club, Jaime Marta Soares, nommant notamment une commission temporaire qui ne sera pas reconnue par BdC.

Une assemblée générale afin de voter une possible destitution est finalement convoquée le 23 juin, Bruno de Carvalho ayant longtemps affirmé qu’elle n’aurait pas lieu alors que la tension ne faisait que monter entre lui et les Socios du club leonino.

Entre temps, celui qui dirige le Sporting depuis cinq ans est suspendu de ses fonctions dix jours avant par la commission temporaire, n’ayant alors plus le droit de pénétrer dans les enceintes du club lisboète.

Si BdC est confiant dans un premier temps par rapport à cette AG, refusant même de s’y rendre et suivant le déroulé du vote à distance, il change d’avis et se rend dans la journée sur place pour voter. Mais la sanction sera sans appel.

Les adeptes du Sporting votent à 71,36% pour la destitution de leur président. Une première pour le club en 112 ans d’histoire. Un lourd revers pour celui qui avait été réélu en 2017 avec 86,13% des voix.

Et maintenant ?

Destitué, Bruno de Carvalho accepte le soir même la décision, avant de se raviser le lendemain en annonçant qu’il se présenterait aux élections à venir. En attendant qu’un nouveau président du Sporting soit désigné le 8 septembre prochain, Sousa Cintra dirige le club avec Artur Torres Pereira.

Si on se rapproche de la fin de la crise, ce changement de direction a entraîné quelques bouleversements sur le mercato. Alors que BdC avait fait venir Sinisa Mihajlovic pour coacher l’équipe, le Serbe a été éjecté à peine dix jours plus tard par les nouveaux dirigeants.

Ces derniers ont préféré faire confiance à José Peseiro, habitué du championnat portugais et déjà passé par la maison leonina en 2004-2005. Il avait été finaliste de la Coupe de l’UEFA à l’époque, s’inclinant face au CSKA Moscou (1-3).

Certains joueurs qui avaient décidé de résilier leur contrat réfléchissent eux à faire marche arrière, Record confirmant aujourd’hui que la direction fait tout pour faire revenir Gelson Martins, Bruno Fernandes et Rafael Leão.

Le Sporting commence à voir le bout du tunnel en ce début de préparation. Mais nul doute que cet épisode étalé sur plusieurs mois aura de lourdes conséquences sur la saison à venir. Aussi bien financières que sportives.


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A propos de l'auteur

Amoureux des deux versants du football, masculin et féminin, j'aime transmettre ma passion à travers des articles. En espérant qu'ils vous plaisent!

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