France – Ukraine : condamnés à l’exploit

Ce soir, les Bleus vont devoir réaliser une très grosse performance, s’ils veulent disputer la deuxième édition brésilienne de la Coupe du Monde. Une performance qui, il faut bien le savoir, n’a jamais été réalisée lors de barrages. Autant dire qu’une qualification relèverait de l’exploit. Cependant, même si un tel retour de situation ne s’est jamais produit sur la scène internationale, il a de nombreuses fois eu lieu à l’échelle continentale. On pense notamment à ce que nous connaissons de mieux en Europe, avec la Ligue des Champions.

Et on se souvient tout particulièrement du magnifique parcours de Monaco dans la compétition. A l’époque, pas de pléiade de stars comme aujourd’hui. En quart de finale, l’enfer est promis au club de la Principauté, qui est opposé aux Galactiques du Real Madrid (Zidane, Figo, Ronaldo, Beckham…). Au match aller la hiérarchie est respectée, et le Real s’impose par deux buts d’écart sur sa pelouse : 4 – 2. Mais après un match retour épique et riche en rebondissements, l’AS Monaco parvient à se qualifier en gagnant 3 à 1.

Et il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres! Les supporters français ne doivent donc pas désespérer, car tout est encore possible. Et devinez quoi : en 2004, l’entraîneur monégasque n’est autre qu’un certain Didier Deschamps… Certes son équipe était alors dans la peau de l’outsider, mais elle a su s’imposer, après s’être inclinée par deux buts d’écart au match aller. Au moment d’affronter l’Ukraine au Stade de France, nul doute que le sélectionneur français se remémore ce véritable exploit, et espère le réitérer.

Une équipe presque totalement remaniée

Comme vous le savez peut-être, Didier Deschamps a prévu d’effectuer plusieurs changements, par rapport au match aller. Il faut dire que bon nombre de joueurs n’ont pas donné satisfaction. Un changement de dispositif avait également été évoqué, avant de débuter le match aller, mais n’avait finalement pas été adopté. Cette fois-ci, il semble qu’il sera bel et bien effectif. Quittant son désormais traditionnel 4 – 2 – 3 – 1, l’Equipe de France devrait évoluer en 4 – 3 – 3.

A Kiev, le défenseur des Gunners Laurent Koscielny a été exclu Pogba Varanedans les dernières minutes de la rencontre, pour n’avoir su garder son sang-froid. A ses côtés, Eric Abidal a quant à lui évolué très loin de son meilleur niveau. Les deux défenseurs centraux se sont d’ailleurs montrés fautifs sur les deux buts. C’est donc très logiquement qu’ils vont céder leur place. Deschamps devrait privilégier la carte de la jeunesse, en titularisant Raphaël Varane et Mamadou Sakho.

Le seul français qui s’est montré à la hauteur de l’événement vendredi soir, c’est Paul Pogba. Jouer en 4 – 3 – 3, c’est lui donner une chance de se montrer encore plus à son avantage. En effet, avec la présence de Cabaye et Matuidi à ses côtés au milieu de terrain, Pogba pourra évoluer un cran plus haut que lors du match aller. Poste qu’il occupe habituellement avec la Juve, et auquel il réalise les performances qu’on lui connaît. Pour le coup, le sélectionneur français serait très inspiré.

Avec le changement de dispositif tactique, et l’avancée du jeunecabaye-yo Bianconero sur le terrain, on peut considérer qu’un milieu offensif va céder sa place à un défensif. On peut donc dire, entre autres, que Cabaye devrait prendre la place de Samir Nasri. Ce dernier, qui a retrouvé l’Equipe de France en août dernier, s’est montré très décevant au stade Dynamo Lobanovski. Comme cela lui est trop souvent arrivé sous le maillot bleu. On espère donc que le capitaine des Magpies saura se montrer plus entreprenant.

A l’image de son coéquipier de la Juve, Cabaye dispose d’une très bonne frappe de balle. Les deux pourraient donc prendre leur chance de loin, et ainsi constituer une arme offensive supplémentaire, face à la défense regroupée des ukrainiens. Cela pourrait également les obliger à sortir plus haut sur le porteur du ballon, et créer des brèches dans la défense.

Sur le côté droit de l’attaque, Loïc Rémy devrait être remplacé par Mathieu Valbuena. Deschamps avait décidé, pour le match aller, de miser sur la forme du moment. On sait que l’attaquant de Newcastle est dans une très bonne passe avec son club (7 buts en 9 matches de Premier League), à l’inverse du meneur de jeu marseillais. Une tactique qui n’avait finalement pas payé, puisque Rémy n’a été que l’ombre de lui-même en Ukraine. Le sélectionneur français devrait donc aligner Valbuena, sur qui il a toujours compté et pu compter en Equipe de France.

Enfin, Karim Benzema devrait prendre la place d’Olivier Giroud, en pointe. Le Gunner ne s’est que trop peu montré, lors de la première confrontation face à la formation de Fomenko. Giroud est un finisseur. Or, le problème est qu’il n’a pas eu beaucoup de ballons. Mais même dans les rares moments ou ç’a été le cas, il n’a pas su se montrer décisif. Benzema devrait apporter plus de mouvement dans la défense ukrainienne, et beaucoup plus participer au jeu. Peut-être est-ce la bonne solution face à l’Ukraine.

Gare aux contre-attaques

Certes il va falloir marquer, et au moins à deux reprises. Néanmoins, il ne faudrait pas pour autant se jeter à corps perdu vers la surface adverse. Car les ukrainiens ont l’habitude, face à des nations présumées supérieures, de défendre en bloc et de contre-attaquer. Lors des matches de groupe, l’Angleterre n’a su marquer qu’un seul but et n’a pas réussi à s’imposer, en deux confrontations. Même si la situation est critique, il va falloir se montrer patient, et ne jamais cesser de bien construire nos attaques.

De plus, comme nous vous l’avons présenté ci-dessus, Didier Deschamps Ukraine's Roman Zozulya celebrates his goal with team mates during their 2014 World Cup qualifying first leg playoff soccer match against France at the Olympic stadium in Kievrisque d’aligner une équipe plutôt tournée vers l’offensive. Tant dans la composition que dans son état d’esprit. Evra et Debuchy devront être particulièrement vigilants. Les deux latéraux français risquent de beaucoup monter sur leur côté, afin d’apporter le danger. Mais c’est surtout là qu’il se trouve chez les ukrainiens, avec Jarmolenko et Konoplyanka.

Si le premier ne nous a  pas montré toute l’étendue de son talent au match aller, il n’en demeure pas moins l’atout offensif numéro un ukrainien. Quant au second, sa prestation face à la France nous a une nouvelle fois prouvé toute sa classe. Ce soir encore, il risque d’être un poison permanent pour la défense.

L’Ukraine devrait donc défendre très bas, et récupérer des ballons dans ses 30 derniers mètres. Ca risque ensuite de jouer sur les côtés, avec les deux stars de l’équipe, qui remontent les ballons à une vitesse folle. Les deux sont très à l’aise techniquement, ce qui leur permet de souvent repiquer à l’intérieur avec le ballon, avant de frapper. Il faudra être très vigilant, car si les français seront contraints par la force des choses, d’être patients et de procéder en attaques placées, le jeu des ukrainiens sera beaucoup plus direct, et la moindre perte de balle pourra amener le danger.

Jouer libérés, et avec les tripes

Ce soir, l’Equipe de France n’a plus rien à perdre : elle est condamnéeEquipe-de-France à l’exploit. A la mi-temps de cette double-confrontation, elle n’est plus la favorite. Pour preuve : plus de 70% des français ne croient pas en une qualification. Peut-être, dans ce contexte, les Bleus sauront-ils évoluer sans la pression habituelle d’un tel match. Peut-être seront-ils déshnibés, et sauront jouer libérés. C’est en tout ces tout ce que l’on espère. Car si comme la majorité des français nous avons beaucoup de mal à y croire, l’espoir, si infime soit-il, persiste.

Le deuxième ingrédient essentiel, pour parvenir à réaliser l’exploit, est d’y aller avec la niaque. Passez-moi le vocabulaire, mais il va falloir marcher sur les ukrainiens pour passer. Leur montrer qu’on est plus forts qu’eux. Pas forcément dans le talent, mais dans l’envie et la détermination. Il va falloir rentrer sur le terrain avec l’envie de prouver, tant à soi qu’à tous les français, qu’au foot la France est meilleure que l’Ukraine. En tout cas, on l’espère. Car si ça n’est pas le cas, on ne reverra pas les tricolores en match officiel avant 2016, et l’Euro en France


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