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Un mois sans foot, c’est triste (billet d’humeur)

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Le soleil (pour le moment), la chaleur (pour le moment), la légèreté des tenues estivales qui va avec, les terrasses, les barbecues, les filles, etc… La saison sent tellement bon les vacances qu’on en viendrait presque à penser que l’été est la plus belle période de l’année. Presque.

Car il existe tout de même un inconvénient. Un très gros inconvénient. L’été, c’est aussi le moment durant lequel nous sommes tous contraints et forcés d’entamer notre cure de désintoxication annuelle. On du mal à trouver le sommeil, du mal à sortir de son lit, on fait des cauchemars où la plus belle des affiches de Ligue 1 ne serait autre qu’un Bordeaux – Lens… Ah non en fait, pas Lens. Mais vous avez compris l’idée. On s’ennuie, on ne voit plus personne.

Bref, pas de foot pendant au moins un mois. La trêve estivale, c’est chiant.

Sevrage difficile après le Mondial

D’aucuns vous diront que la Coupe du Monde c’est génial. Plusieurs arguments à cela. Déjà, il s’agit d’un événement exceptionnel, de par sa rareté, et qui vient sacrer la meilleure nation au Monde. Soit les meilleures équipes de la planète, pour un trophée qui n’est décerné qu’une fois tous les quatre ans. Il est certain qu’en terme de compétitivité et d’enjeu, un Mondial n’a pas son équivalent.

En plus, cela permettrait de ne devoir se passer de ballon rond que durant un mois, au lieu de deux habituellement. Là, par contre, on est en droit de se poser des question quant à la pertinence de cette affirmation.

Est-ce que tripler sa consommation habituelle de drogue, lorsqu’on est un junkie fini, en augmentant en plus largement la qualité des produits consommés, avant de partir en désintox’ juste derrière, semble être une bonne idée? Il semble que la réponse soit non. Or, c’est clairement de ça dont il est question.

Comment tuer le temps?

Au niveau district, la trêve ayant lieu en même temps que chez les professionnels, il reste bien évidemment la solution d’aller faire un foot « entre potes ».

Pour cela, il vous suffit dans un premier temps de fixer rendez-vous au stade municipal à 20 amis, afin qu’au moins une dizaine d’entre eux soient présents. Le restant vous aura très probablement mis une banane (ou une carotte, cela dépend de la région) 5 minutes avant l’heure H. « Ma copine voulait qu’on fasse quelque chose ensemble, désolé », « j’avais déjà quelque chose de prévu mais j’avais zappé » ou encore « réunion qui a fini plus trad que prévu » reviennent régulièrement. Si jamais c’est à votre tour de mettre une crampe, pensez à trouver quelque chose de plus original, plus travaillé.

Une fois tout ce petit monde réuni, vous pouvez commencer la douloureuse entreprise de passer au-dessus de la grille du terrain de quartier. Si cela peut vous sembler facile, il n’en va pas de même en ce qui concerne vos amis bedonnants. Pour eux, il s’agit du moment tant redouté. L’idéal est donc de les laisser passer en premier, et de leur faire la courte échelle. Mais si vous êtes un vrai footeux, les mots solidarité, entraide et esprit d’équipe vous sont totalement étrangers. Vous préférerez alors regarder ces espèces d’otaries, coincées sur le ventre, une moitié du corps ballant de chaque côté dans les airs. Ca c’est drôle.

Vient le moment crucial de choisir les équipes. Après avoir été unanimement désignés comme étant les deux meilleurs joueurs de la portée, et avoir protesté durant cinq minutes à l’aide des irréfragables arguments : « non mais c’est mort, je fais pas les équipes », puis « ouais, mais je commence à choisir alors », les deux capitaines vont passer à la constitution des équipes. Qui aura bien entendu été précédée d’une partie de « chou », « fleur » endiablée. Un conseil : si c’est à vous de choisir vos coéquipiers, ne laissez pas votre affect perturbez votre jugement. N’hésitez pas à laisser votre meilleur pote être pris en tout dernier par l’équipe adverse, et ne choisissez que les meilleurs. Contrairement à ce que dit la pub Decathlon, tout le monde ne devrait pas avoir le droit de jouer.

Arrive enfin le moment tant attendu. Entre niveau disparates, silhouettes athlétiques, panches bien travaillées, joueurs techniques, bourrins, casseurs de pattes, pleureuses, râleurs, vendangeurs, mauvais joueurs, mauvais perdants et mauvais gagnants, c’est la cacophonie la plus totale. Tout le monde se traite, tout le monde s’engueule, et peut-être l’adultère de la petite amie de l’un des joueurs va être révélé au grand public. Au cas où l’huile sur le feu ne serait pas assez efficace, autant y aller à l’essence. Peut-être quelques mères feront, en réponse, leur intervention dans la partie. Si on n’en arrive pas jusque là, certainement une cheville ou un genou a-t-il volé en éclats auparavant. Ca calme les ardeurs pour le reste de la partie. Sauf celle du fautif, qui dans sa tête pense trop fort : « tu m’as dribblé, et ben je t’ai niqué, b****d ».

Ca y est, la partie se termine. En ce moment même, tout le monde se déteste, et rares sont ceux à s’adresser la parole. Les gagnants n’ont pas intérêt à trop chambrer, à part s’ils ont pensé à ramener de l’eau. Pour celui qui est venu en voiture, pas question de ramener les mêmes qu’à l’aller. Ils vont être insupportables sur la route. En quittant le stade en dernier, vous vous rendez compte qu’en cet instant, vous n’avez plus d’amis. Des dix présents, plus personne n’est ami avec qui que ce soit d’autre. Pourtant, cette impression s’amenuisera lentement dans la soirée, avant de ne plus être qu’un mauvais souvenir le lendemain.

Dans deux jours, vous et vos potes aurez de nouveau rendez-vous, même lieu, même heure.

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