SERBIE – FRANCE : LES NOTES DU MATCH

9 Septembre 2009

Ce nouveau match nul réalisé par la France au Maracana de Belgrade (1-1) semble fermer la porte à toute qualification directe pour le Mondial en Afrique du Sud. Désormais, il est acquis (ou presque) que la France ira défendre ses chances lors d’un barrage piégeux, réservé aux huit meilleurs deuxièmes de chaque poule. Lors de ce match qui sentait la poudre dès l’entame, les 11 (puis 10) Bleus se seront battus du début à la fin sur tous les ballons. L’état d’esprit irréprochable souligné par Yoann Gourcuff au micro de Tf1 est donc à mettre à leur crédit, mais une fois encore, l’équipe de France s’est montré incapable de prendre les trois points et surtout, de marquer plus d’un but. Constat devenu, malheureusement, trop fréquent. Analysons à présent, plus en détail, les performances de chaque joueur.

Hugo LLORIS (4.5) : Lâché par ses défenseurs sur l’action qui amène le but, ce carton rouge pénalisera surtout ses coéquipiers, obligés de jouer tout le match, ou presque, en infériorité numérique. Une soirée à vite oublier pour le portier lyonnais, qui fut naturellement remplacé par l’Olympien Steve MANDANDA (6), qui ne put strictement rien sur le pénalty serbe, mais entra rapidement dans son match malgré le contexte. A noter, une bonne lecture de jeu sur la quasi-totalité des ballons qu’il eut a négocier, et un bel arrêt, chanceux, qui préserve le point du match nul à la France.

Patrice EVRA (6.5) : Comme d’habitude, ce fut du bon Evra. Régulier dans ses performances, il s’affirme de plus en plus à ce poste d’arrière-gauche. Précieux défensivement, il sut également se montrer actif à l’attaque, mais ses centres sont restés bien trop souvent inexploitables pour les attaquants tricolores.

William GALLAS (6) : Le vice-capitaine des Bleus a très bien contenu son client du jour, le géant Zigic (2.02), ce qui, vu la différence de taille, n’était chose aisée à première vue. La seule action sur laquelle il faillit provoqua d’ailleurs l’ouverture du score de la Serbie. Il semble en tout cas indispensable à cette équipe de France.

Eric ABIDAL (6.5) : Sa titularisation, qui fut une demi-surprise, pouvait lui ajouter une pression supplémentaire ; rien de tout ça, puisque l’ancien Lyonnais a accompli une prestation de haut niveau. Jaillissant à souhait au devant des attaquants serbes, il finit par écœurer Jovanovic qui s’en énerva même. Pour un joueur dont ce n’est le poste naturel, on ne peut qu’adresser un coup de chapeau au latéral Barcelonais.

Bakary SAGNA (5.5) : Il ne s’est pas autant mis en évidence que lors de ses dernières sorties. En effet, en comparaison avec son compère à gauche, Patrice Evra, Bakary n’a pas apporter énormément sur son côté, se limitant surtout a défendre dans son couloir. Consignes de Raymond Domenech ? Possible, mais dans un tel match, l’apport des latéraux, qui plus est à 10 contre 11, aurait été plus que souhaitable.

Lassana DIARRA (7) : Encore un match taille patron pour le numéro 6 des Merengue. Très présent, il est sans aucun doute la pierre angulaire du système tricolore. On le surprit même parfois à tenter des débordements coté gauche. Se démultipliant au service de l’équipe, il demeure un titulaire indiscutable du milieu de terrain Français.

Jérémy TOULALAN (7) : Lui aussi a accompli un match de grande classe en tant que récupérateur. Le grand débat suite à la courte victoire aux Îles Féroé (1-0), consistait en la suppression d’un milieu défensif au profit d’un attaquant. Mais quand on voit la performance de ces deux-là, comment pourrait-on en laisser un sur le banc ? Difficile de trancher, car sans ce solide milieu, le chantier défensif de l’équipe de France en serait encore aux fondations…

Yoann GOURCUFF (6.5) : Très précieux, le meneur de jeu Bordelais n’a pas ménagé ses efforts, revenant parfois vers sa surface pour récupérer des ballons dans les pieds serbes. Son apport offensif s’en trouva quelque peu réduit, et il apparut réellement carbonisé à la fin de la rencontre. Ses quelques coups de génies nous laissent penser que, contre un adversaire au jeu plus ouvert, il peut réussir de grandes choses. Remplacé par son coéquipier Alou DIARRA (non noté), pour les 5 dernières minutes.

Thierry HENRY (6.5) : Buteur et présent sur son côté gauche, qu’il occupe également au Barça, le meilleur buteur de l’histoire des Bleus est parfois apparu hors du rythme, traînant une certaine lourdeur. Néanmoins, on ne peut que féliciter son opportunisme sur l’égalisation qui, acquise lors de la 1ère période, enleva une grosse épine des pieds Français. Surprenant remplaçant à la 77ème, pour l’entrée de Franck RIBERY (non noté), dont on regrette amèrement le peu de temps passé sur la pelouse.

André-Pierre GIGNAC (non noté) : Une fois de plus titulaire, il fit les frais du carton rouge d’Hugo Lloris pour céder à sa place au gardien Marseillais Steve Mandanda. Avec 9 minutes passées sur le terrain, difficile d’émettre une note pour l’avant-centre Toulousain.

Nicolas ANELKA (7) : Gros match pour l’attaquant de Chelsea, qui fut assurément le plus virevoltant des attaquants Bleus. Disponible, souvent face à 3 voire 4 défenseurs adverses, Nicolas s’est montré parfois inefficace mais a réussi néanmoins à positiver la majorité de ses ballons. Ses frappes dangereuses ont fait tremblé plus d’une fois le malheureux Stojkovic, rappelant au public Nantais l’adresse du personnage lorsqu’il évoluait du côté de la Beaujoire.

L’entraîneur : Raymond DOMENECH (3.5) : Au risque de se répéter, Domenech s’est encore fait remarquer par son sens tactique, ou tout simplement son coaching défaillant. Les joueurs, sur ce match, n’ont rien à se reprocher, tant la performance à 10 contre 11 a été correcte. Batailleurs, ils ont affiché un état d’esprit qu’il convient de souligner. Mais en ce qui concerne le sélectionneur… Sortir un meneur de jeu (Gourcuff), d’accord, mais pour faire entrer un milieu de terrain défensif (A.Diarra), quand on sait l’importance des 3 points dans un tel contexte, apparaît comme un coup de folie incompréhensible. Des joueurs comme Ribéry, qui se contentent de miettes dans un tel match, alors qu’ils sont les fers de lance de cette formation resteront à jamais des mystères que seul l’esprit de Raymond Domenech sauront justifier. Dans le même temps, Florent Malouda, ou Karim Benzema, qui flambent avec leurs clubs respectifs, n’auraient pas pu bénéficier de temps de jeu lors de ces deux rencontres (et plus particulièrement l’ancien Guingampais) ? Sans parler de sa communication, recherchant sans cesse l’affrontement et la contradiction, à l’instar de son interview en fin de match par David Astorga. Bref, difficile de s’imaginer partir en barrages ou, soyons optimistes, en Afrique du Sud, avec un sélectionneur qui s’indiffère de ses supporters…

Adam Hadef


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4 commentaires sur “SERBIE – FRANCE : LES NOTES DU MATCH

  1. Je suis pas trop d’accord avec toi Adam 😉

    -J’ai trouvé Evra intéressant mais il laisse toujours des boulevards et fait énormément de fautes inutiles. Je suis rarement convaincu par ce qu’il fait en Equipe de France, je voudrais bien voir Clichy pour comparer…

    -Abidal et Gallas ça a été très bien avant l’expulsion mais justement, ce sont eux qui ont laissé partir Zigic comme à chaque fois qu’ils jouent ensemble dans l’axe ( genre France Italie à l’Euro..)

    -Diarra énorme, Toulalan a couru et récupéré pas mal de ballons mais vu ce qu’il en fait, c’est souvent contre productif. Mais c’est vrai qu’il est mieux dans ce genre de match ou il faut beaucoup défendre.

    -Devant je pense que Gourcuff était trop fatigué physiquement pour peser dans un match à 10 du genre par contre Anelka et Henry ont tout les deux étaient très bons.

    Je te rejoins aussi pour ce qui est de Domenech qui est un incroyable handicap à chaque fois en terme de coaching, et également pour Ribery qui est inutile depuis le début de la saison et qui « réclame » de jouer à gauche…

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