CdM : l’Angleterre proche de la sortie

A l’issue du tirage au sort, le 6 décembre dernier, tous les spécialistes s’accordaient à dire que le groupe D était le « groupe de la mort ». Il faut dire que l’Italie, l’Angleterre et l’Uruguay font incontestablement partie du gratin mondial. Le Costa Rica, équipe supposée la plus faible des quatre, vient compléter le tableau.

Les Costariciens ont toutefois su déjouer les pronostics lors de la première rencontre, en s’imposant face à la Céleste. Ce qui brouillera immanquablement les cartes quant à la décision finale de cette poule. Face à la Squadra Azzura, les Anglais se sont également inclinés. Tout comme de la part des Uruguayens, un sursaut d’orgueil était donc attendu. Car dans cette opposition, un match nul aurait été un mauvais résultat, et malheur au vaincu…

Qui aura finalement été la sélection des Three Lions. 2 buts à 1 sur deux buts de Luis Suarez, qui a crucifié ses cinq coéquipiers en club présents côté britannique. Si les Anglais ne sont pas encore officiellement éliminés, leur chance d’accder aux huitièmes sont désormais infiniment minces. C’est simple, une qualification relèverait même de l’exploit. Les raisons de la déroute.

Un dispositif tactique incompréhensible, et des joueurs qui errent sur le terrain

Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de Roy Hodgson? Oui il fallait s’imposer, donc mettre des buts et évoluer de manière offensive. Mais de là à titulariser quatre attaquants, dont trois évoluent en pointe en club. Alors forcément, on a vu des Welbeck, Sterling, Sturridge et Rooney très statiques, se marchant continuellement sur les pieds. L’animation offensive a été très pauvre, mais c’était inéluctable. Derrière ces quatre joueurs à vocations offensive, aucun joueur capable de faire du jeu, ou de donner des bons ballons.

Car Gerrard est aujourd’hui reconverti en milieu défensif, évoluant devant sa charnière centrale et distillant de grandes transversales, certes millimétrées, mais bien trop lointaines pour réellement surprendre les défenses adverses. Evidemment, Henderson est lui aussi plus dans un rôle de récupérateur. Dommage, puisqu’il y avait des solutions pour pallier à ce déficit au milieu de terrain. Comme Jack Wilshere, par exemple. On a donc vu une équipe anglaise totalement scindée en deux, et qui forcément se faisait prendre à chaque balle grattée par la défense uruguayenne.

Au niveau des individualités, Wayne Rooney était inévitablement attendu au tournant. Après le match face à l’Italie, il a vivement été critiqué par la presse d’outre-Manche. Son utilité étant grandement remise en cause. Il est vrai qu’hier il a trouvé le chemin des filets. Mais cela ne saurait masquer un manque d’efficacité criant, qui est pourtant censé être sa qualité principale. En début de rencontre, un coup franc à l’entrée de la surface qui vient échouer de peu à côté de la lucarne de Muslera, une tête sur la barre à 30 centimètres du but sur un coup de pied arrêté parfaitement botté par Steven Gerrard, et une frappe à bout portant qui vient échouer sur le portier adverse.

Rooney2

Son coéquipier à Manchester United, Danny Welbeck a été totalement transparent. Sturridge décevant, tout comme l’habituellement très virevoltant Raheem Sterling, qui n’a pas su amener le danger. On veut voir plus de sa part, étant donné l’étendue de son talent, et sa capacité à normalement pouvoir bousculer une équipe très bien regroupée comme celle de l’Uruguay. Mais à la vue de son jeune âge (19 ans), on ne peut pas vraiment lui reprocher d’avoir été sous la pression de l’événement. C’était plutôt à ses coéquipiers de prendre leurs responsabilités.

En ce qui concerne la défense des Three Lions pas grand-chose à redire. Dans l’ensemble, elle n’a pas été si mauvaise. Les deux centraux ont même été très bons sur dans les ballons aériens. Mais elle a tout de même été incroyablement naïve sur le second but de Luis Suarez. Dans les cages, à part s’en prendre verbalement aux ramasseurs de balle quand il perd, on se demande à quoi sert Joe Hart.

L’Angleterre sera éliminée si :

  • Elle ne gagne pas son dernier match par deux buts d’écart.
  • L’Italie fait match nul durant l’une de ses deux prochaines rencontres.
  • L’Italie gagne un match et perd l’autre.

La Celeste très opportuniste

Clairement, Oscar Tabarez avait décidé de laisser le jeu à leurs adversaires du soir, et de procéder de manière très rapide et très verticale avec le ballon. Une tactique dangereuse, car il y avait obligation de s’imposer, mais qui s’est avérée payante.

Ce qui a été frappant avec cette sélection sud-américaine, c’est la solidarité et la solidité dont elle a fait preuve. Les Uruguayens en voulaient plus que les Anglais, c’est une évidence. Il suffit de voir l’impact qu’a été le leur dans les duels, et la volonté irrépressible de toujours vouloir en sortir vainqueur. Et les efforts ont été faits les uns pour les autres, chacun étant concerné par les tâches défensives et la récupération du ballon.

Cavani Suarez

Un peu à l’image d’Edinson Cavani, qui a fait preuve d’une débauche d’énergie incroyable. Heureusement, car il a tout de même raté l’immanquable à la 52e minute, après une très bonne combinaison dans la surface anglaise. Dans la finition, ce n’est plus le Cavani qui portait les couleurs du Napoli. Mais il a tout de même été décisif, réalisant deux passent décisives pour l’inévitable Suarez.

Il était d’ailleurs écrit que le buteur des Reds allait donner la victoire aux siens. Absent lors du premier match, sa dernière prestation en Coupe du Monde restait entachée d’un vilain geste d’antijeu : une main sur sa ligne de but, arrêtant une frappe ghanéenne. Mais s’ils ont, avec la pression et l’enjeu énorme de la rencontre, refait très légèrement surface, Luis Suarez a quand même su effacer ses vieux démons depuis. Et il avait à cœur de le prouver à la planète entière.

Ce fût le cas, puisqu’il a signé un doublé, qui laisse la Celeste dans la course à la qualification. Une belle tête en première période sur un service parfait de Cavani, et une très belle frappe croisée suite une déviation du même Parisien. Ce n’était pourtant pas évident pour lui, surtout en seconde période où il était totalement esseulé en ponte, et durant laquelle ses coéquipiers se sont contentés de lui balancer des ballons de 60 mètres. Ce sera finalement par là que sera passé le salut de l’Uruguay.


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