CAN 2022 : La ferveur ambiante autour de la qualification en huitièmes de finale des Lions Indomptables

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ferveur qualification camerounJeudi après-midi, sur la pelouse du stade d’Olembe à Yaoundé, le Cameroun s’est largement imposé pour sa deuxième sortie contre l’Éthiopie. Menés avant de prendre le large, les hommes de Toni Conçeicao se sont montrés efficaces et ont fait preuve de sérieux devant les leurs. Il n’aura pas fallu plus pour acter la qualification des Lions Indomptables pour les huitièmes de finale. Une première étape de franchie qui soulageait les populations du pays. Retour sur une rencontre folle, qui rappelait au monde entier l’amour des Camerounais pour le ballon rond.

Au Cameroun, le football est un art, un mode de vie. Bien plus qu’un sport ou une passion, il est de ceux qui rallient. Au coup d’envoi d’une rencontre, ni l’ethnie, ni l’origine sociale ne compte. Quand les Lions Indomptables foulent la pelouse verte, c’est toute une nation qui se réunit. Ce jeudi, la terre rouge aura bien tremblée au rythme des cris et des chants de joie des habitants de Yaoundé jusqu’à Kribi.

Une rencontre mal entamée

Favoris sur le papier, les Lions Indomptables avaient un véritable coup à jouer. À domicile, et dans un stade d’Olembé acquis à leur cause, les Camerounais n’avaient pas le droit à l’erreur. Et pourtant. Les cinq premières minutes de jeu n’étaient pas encore écoulées que déjà, André Onana était pris à défaut. L’Éthiopie menait alors par un but, crispant d’angoisse les supporters présents au stade ainsi que dans les fan-zones. Plus personne n’osait vraiment respirer. Si la rencontre était encore longue, une fois encore, les Lions subissaient dans leur tanière.

Mais c’était sans compter sur un Karl Toko-Ekambi bien décidé à endosser ce rôle de sauveur. L’attaquant de l’Olympique Lyonnais recollait au score grâce à un centre de Fai qui atterrissait sur sa tête. Pas moins de cinq minutes plus tard, le Cameroun reprenait logiquement espoir. Toujours pas à l’abri, le Cameroun le savait, il fallait redoubler d’efforts. Si la possession était camerounaise, les Walya d’Éthiopie ne cessaient pas d’attaquer. À plusieurs reprises, Dawa, ou encore Dagnachew, manquaient à nouveau de tromper le portier de l’Ajax. À la pause, les deux formations se quittaient dos à dos. L’Ethiopie avait beaucoup plus à gagner, qu’à perdre, et ne comptait pas déjouer.

Au retour des vestiaires, il fallait tout changer. Véritable point de repère de cette attaque camerounaise, Choupo-Moting agissait telle une boussole. En moins de trois minutes, Vincent Aboubakar faisait se soulever une nation toute entière en étant à nouveau auteur d’un doublé. Peu après lui, le sonneur de la révolution en première mi-temps, Karl Toko-Ekambi quadruplait la mise pour son équipe. Le gardien éthiopien n’y pouvait alors rien. Et si jusqu’à la fin du match le Cameroun aurait pu offrir un cinquième but à ses supporters, la chance avait déjà tourné. Mais que ceux-ci soient rassurés : le Cameroun est bel et bien qualifié.

Une qualification et des cœurs réchauffés

Si lors du match d’ouverture, le stade était rempli et l’excitation à son comble, pour le deuxième, les sentiments des supporters étaient vraisemblablement les mêmes. Petit-Poucet du groupe A, l’Éthiopie n’était pas la plus à craindre pour le pays hôte. Pourtant voilà, bien que sûrs d’eux dans leurs commentaires avant la rencontre, certains Camerounais assuraient qu’il était nécessaire de ne pas se laisser surprendre. Loin d’être la meilleure nation du football, l’Éthiopie pouvait cependant compter sur la cohésion de son groupe. Mais dans les fan zones, les supporters des Lions Indomptables étaient catégoriques : le Cameroun allait s’imposer et valider son billet pour les huitièmes de finale.

Au premier but éthiopien, si un léger doute a semblé s’installer dans les tribunes, il n’était que la traduction d’une certaine frustration. Au Cameroun, les habitants n’ont jamais douté de leur équipe. Faisant partie des nations africaines les plus performantes à l’échelle mondiale, les générations dorées n’ont jamais vraiment cessé de succéder au pays de Roger Milla. Cette année, comme en 2017, aucune véritable star ne brille plus que d’autres. Ses résultats, le Cameroun les doit, pour l’instant avant tout, à son collectif, mais aussi à la passion de ses supporters.

Avant, pendant ou après le match, tous n’ont pas peur de déclarer leur flamme à cette sélection qui leur permet bien souvent d’oublier. Assis dans les bars, au stade ou réunis autour d’une radio portable, tous affichent la même fierté au moment de réciter l’hymne national.

Au Cameroun, le football réunit et solidifie. Pendant le match, les sourires ne s’arrêtent pas. Quand un but est marqué, les accolades entre inconnus ne manquent pas. Quand le coup de sifflet final est donné, que la victoire est confirmée, c’est tout un pays qui s’embrase. Lors de ce match entre le Cameroun et l’Éthiopie, c’est ce que nous avons pu apercevoir. La solidité des liens qui semblaient unir les locaux paraissait sans faille. Le 12e homme est important, c’est indéniable, mais au Cameroun plus qu’ailleurs, il en est le moteur principal.

Lundi soir, les Camerounais ont rendez-vous avec le Cap-Vert. L’objectif sera clair : valider cette place de leader du groupe A, en minimisant les risques de se faire peur. À Olembé, les supporters devraient à nouveau venir en nombre pour assister à une rencontre qui lancera la fin d’une étape de la compétition, mais surtout le début d’une nouvelle plus dure, plus difficile. Une seconde compétition plus relevée au cours de laquelle le Cameroun, jouant à domicile, ne pourra pas se permettre de chuter. Pas tout de suite, pas si vite.

Et peut-être que s’il y arrive, les étoiles seront bien là et scintilleront le 6 février prochain à Yaoundé. Peut-être même qu’il sera venu le temps pour la 6ème d’être finalement brodée.