« Jouer comporte des risques : endettement, dépendance... Appelez le 09-74-75-13-13 (appel non surtaxé). »

Les-transferts : entretien avec Mohamed Bouhafsi 1/2

Mohamed Bouhafsi, directeur du football du groupe RMC Sport, nous a accueilli dans les locaux du média pour un long entretien où l’on a parlé football, mercato, mais aussi de son parcours, ses idées et surtout de sa passion, moteur quotidien et contagieux lorsqu’on l’écoute.

Les-transferts : entretien avec Mohamed Bouhafsi 1/2

Peux-tu nous raconter brièvement ton parcours ?

J’ai grandi dans un quartier de Saint-Denis, j’ai mené une vie normale avec mes frères et sœurs. J’étais un mec passionné de football et j’ai toujours voulu devenir journaliste sportif ou politique. Je me suis tourné vers le journalisme de foot. J’étais très passionné et je travaillais énormément. Par exemple, je prenais le train pour aller aux matchs de foot et sur le retour, je m’arrangeais pour être avec les joueurs. Pour avoir des contacts, j’attendais la sortie des entraînements, la sortie des stades. C’était important pour moi de faire tout ça. J’étais déterminé. Lorsque RMC m’a embauché après mon stage, j’ai fait la Coupe du Monde des moins de 20 ans en 2013, la Coupe du Monde 2014, puis tout s’est enchaîné : chef d’édition, rédacteur en chef adjoint, rédacteur en chef, directeur du football du groupe.

Ton quotidien semble bien rempli et chargé désormais ?

Tout est allé très vite parce que j’avais cette volonté de réussir tout en ayant des objectifs très clairs et affirmés. J’avais une vision assez ambitieuse et surtout une grande force de travail. J’étais capable – comme aujourd’hui – de travailler de 7h à minuit. Je suis quelqu’un qui dort très peu ! Je dors, vis, rêve et mange football, c’est une passion inébranlable.

D’où t’es venue cette passion pour le football ?

Mes premières émotions liées au football, elles viennent des parties au quartier, quand on jouait au ballon entre potes. Par la suite, la passion est venue grâce à un club français bien connu, et aussi grâce un joueur en particulier : Zinédine Zidane. C’était un joueur magnifique. Mes premiers souvenirs de lui, c’est 1998, puis 1999 et la Juve, le Real Madrid et les Galactiques. Et plus tard, c’était 2006, la joie avant les larmes et la tristesse. Mais ma première grande émotion, c’est le Mondial 1998. De manière générale, je ne voulais rater aucun match à la télé. Je voulais tout voir, tout entendre, tout savoir. Je suis fou amoureux du ballon.

« J’ai la chance et le bonheur de pouvoir vivre de ma passion, et pour moi c’est la plus belle des choses ! »

Si je te dis que ta trajectoire est comparable à celle de Kylian Mbappé, assez fulgurante, tu es d’accord ?

C’est marrant parce que j’ai fait une interview très récemment pour l’AFP et on m’a fait à peu près la même remarque. Bien sûr, la comparaison me flatte mais ce que je dis souvent, c’est que je ne veux pas être celui qui arrive le plus vite mais celui qui va le plus loin et qui dure. Cela fait neuf ans que je suis dans le milieu maintenant. Pour moi, le plus important sera de durer, de garder la confiance de mes téléspectateurs, auditeurs et internautes pour très longtemps. Sans eux, sans leur soutien, je ne serai rien. Si je peux avoir une belle carrière comme Ronaldo, Messi ou Mbappé à qui je lui souhaite, je serai heureux !

Beaucoup te connaissent comme un « insider », mais on t’a vu homme de terrain en Ligue des Champions, présentateur d’une émission TV et maintenant radio. Quel rôle préfères-tu ?

Je n’aime pas trop le mot insider parce qu’il est réducteur. Je me considère comme journaliste de sport. Mon exercice préféré est de parler avec les acteurs du foot, les acteurs du milieu, et de donner les informations. C’est ce que je préfère et là où je me sens le plus utile. Peu importe le média, le plus important pour moi est d’informer les gens qui me suivent. C’est mon travail et ce que j’aime faire.

Que penses-tu du mercato estival écoulé ?

Je pense que ça a été un mercato particulier, avec plusieurs feuilletons. Celui de Neymar, Rongier, Pépé, l’arrivée de Sylvinho, le mercato ambitieux de l’ASSE … Certains étaient intéressants, d’autres non. Mais il y a eu beaucoup de rebondissements et de dossiers à gérer. Il y a eu des choses vraiment intéressantes dans tous les clubs et c’est agréable. C’est un peu le symbole d’une période où les gens veulent tout savoir dans l’instant. La France prend conscience de l’importance qu’a le mercato pour les fans, comme c’est le cas en Italie, en Espagne ou ailleurs. Les fans français commencent à apprécier le mercato, pas seulement lors de la période des transferts mais sur toute l’année, et c’est une bonne chose.

Est-ce que cette évolution te plaît ?

Ce que je trouve bien, c’est que le regard des gens évolue, et qu’ils sont toujours en quête d’infos. On en revient à mon sentiment d’être utile lorsque je leur donne des informations. Ce que j’aime moins, ce sont les personnes qui profitent de cela. Aujourd’hui, on a l’impression que tout le monde peut devenir journaliste, que tout le monde peut avoir une info. J’ai l’impression que certaines personnes se servent parfois de leur notoriété pour tromper les gens et je trouve ça dangereux. Les réseaux sociaux ont donné l’impression que quiconque peut avoir la même importance que toi, et ce n’est pas normal.

Retrouvez la suite de notre entretien la semaine prochaine !

par :

Tombé dans la grande marmite du football en 2006, je souhaite partager ma passion magique pour le ballon rond à travers mes écrits.